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Colloque "Contenance et psychomotricité : corps, limites et sensorialité"

colloque psychomotriciens

Journée organisée par le groupe institutionnel des des psychomotriciens de l'EPSM de l'agglomération lilloise

Jeudi 17 octobre 2024

Centre culturel de l'EPSM de l'agglomération lilloise
Site de Saint-André, 1 rue de Lommelet

* Inscription en bas de page

Les thérapies psychomotrices s’inscrivent de plus en plus comme une part importante des soins à tous les âges de la vie. Les psychomotriciens interviennent auprès de différents publics notamment en santé mentale, qu’il s’agisse d’enfants atteints de troubles du spectre autistique, d’adolescents présentant des troubles du comportement ou d’adultes atteints de pathologies psychiques graves voire invalidantes.

Cette journée instituée à l’initiative du groupe institutionnel des psychomotriciens de l’EPSM de l’agglomération lilloise s’inscrit dans une démarche de valorisation et d’évolution des compétences métiers en psychomotricité.

Pour ce premier colloque, le groupe institutionnel a choisi d’appréhender les soins en psychomotricité à travers les notions de contenance, limites et sensorialité.

PROGRAMME :

8H30 : Accueil des participants et expériences sensorielles

À travers la proposition de différentes expériences sensorielles, les participants seront invités à vivre, tout au long de la journée, les notions de « limites » et de « contenance corporelle ».

À partir des ressentis de chacun, nous serons amenés à appréhender l’intérêt des différentes approches, médiations et pratiques corporelles et leur application dans le champ de la psychomotricité en psychiatrie.

9H : Introduction de la thématique et présentation du programme de la journée

9H20 : Quel type de soin psychomoteur pour répondre à la problématique de la contenance ?

Anne Vachez-Gatecel, Cadre de santé du département des rééducateurs, service PEA, PSL, DMU ORIGYNE, Directrice de l’IFP Sorbonne-Université

  • Un bébé en crèche pris de panique dès que sa référente n’est plus dans son champ de vision
  • Un jeune à l’école qui s’emporte face à la moindre frustration
  • Un adolescent silencieux qui attaque son propre corps
  • Un adulte éprouvé par des sensations de déréalisation de son corps
  • Une personne âgée qui se désorganise, n’ayant plus que les cris pour s’exprimer

Voici en quelques lignes, les expériences cliniques auxquelles les soignants peuvent être confrontés au quotidien, quelle que soit la psychopathologie du patient et quel que soit son âge.

Que viennent raconter ces signes cliniques ? Quelle lecture le psychomotricien peut-il en faire ?
Quel dispositif thérapeutique le psychomotricien peut-il mettre en place dans le cadre institutionnel hospitalier ?
Quel type de soin psychomoteur pour répondre à la problématique de la contenance ?

10H20 : Pause-café et expériences sensorielles

10H35 : Le cadre en psychomotricité : Intentionnalité, contenance, portance

Catherine Potel, psychomotricienne, psychothérapeute, thérapeute en relaxation analytique Sapir, autrice de nombreux articles et plusieurs ouvrages, Directrice de la collection « À Corps » chez Eres

  1. Le cadre thérapeutique

Le cadre thérapeutique est une notion largement utilisée dans nos milieux de soin. Toute thérapie ne peut se faire que dans un cadre bien défini. Quel est ce cadre en psychomotricité ? Comment peut-il faire contenance ?  C’est-à-dire :

  • Comment peut-il contenir la souffrance, les agitations et les tensions du corps, l’angoisse, la peur, les débordements comportementaux ; toutes ces manifestations corporelles qui surgissent, explosent, s’expulsent…?
  • Ou au contraire comment peut-il traduire les blancs, les retraits, les fermetures ; toutes les manifestations corporelles qui restent entravées dans la raideur ?
  1. La notion de cadre contenant en psychomotricité : mise en perspective de 4 points clés
  • Le cadre dans ses conditions d’accueil (conditions très concrètes, matérielles) avec deux composantes fondamentales : l’environnement non-humain et l’environnement humain.
  • Le cadre interne du psychomotricien : son fonctionnement personnel, sa formation corporelle, ses investissements techniques et théoriques ; qui vont faire limite et contenance à cette sensorialité primaire, activée en thérapie psychomotrice.
  • Les enjeux cliniques pour les patients et les remaniements psychomoteurs qui y sont liés, dans cette dimension essentielle de la portance.
  • La spécificité des processus psychocorporels mis en jeu.
  1. Présentation d’une vignette clinique.

11H35 : Temps d’échange suite aux interventions du matin

12H05 : Pause déjeuner

13H30 : Retour sur l’expérience sensorielle

13H45 : L’investissement de la zone orale comme point d’ancrage de la fonction de contenance

Bernard Meurin, psychomotricien, formateur, auteurs de nombreux articles et plusieurs ouvrages.

Si manger peut sembler simple et naturel pour la plupart d’entre nous, cette activité ne peut se résumer au simple fait de mettre de la nourriture en bouche pour satisfaire aux besoins physiologiques. C’est une construction complexe qui dépend non seulement de différentes coordinations (liaison main / bouche, coordination bimanuelle…) mais aussi, dès le début de la vie, de l’investissement de la zone orale.

Nous tenterons de montrer au cours de cette intervention les enjeux qui sont impliqués dans cet investissement, pour envisager les troubles alimentaires non comme des symptômes en soi, mais comme la conséquence d’un développement fragile impactant des dimensions différentes, comme le rapport à la gravité ou la stabilité des représentations corporelles.

14H30 : Processus de professionnalisation

Intervention de l’équipe pédagogique de l’IFP (Lille)

Comment accompagner les étudiants en psychomotricité à expérimenter et à mettre du sens sur les notions de limite de contenance et de sensorialité ?

Les notions de « contenance », de « limites » et de « sensorialité » sont essentielles dans la profession de psychomotricien, tant du point de vue théorique que clinique.

Au sein d’un Institut de Formation des Psychomotriciens, nous nous interrogeons sur la manière de les questionner et de les enseigner tout au long des trois années d’études proposées aux étudiants, dans une démarche rétrospective.

Nous constatons que nos étudiants, souvent eux-mêmes insécurisés, sont en perpétuel questionnement du cadre. Il nous incombe donc de développer des outils pédagogiques adaptés pour leur apporter une sécurité interne suffisante pour exercer ensuite. La compréhension de ces notions passe par une transmission du savoir théorique, un savoir en mouvement qui nécessite une actualisation permanente des données. Elle passe également par l’expérience vécue en IFP, notamment par le biais de mises en jeu corporelles et l’expérimentation dans divers lieux de stage (parcours tracés et réfléchis pour une découverte optimale des différents publics).

Les accompagnements pédagogiques individuels et collectifs, tout comme les temps de reprise des stages cliniques, permettent d’éveiller la réflexivité des étudiants. Ils offrent un espace propice à la construction d’une disponibilité psychocorporelle. Le cadre institutionnel donne un cadre de référence pour aider les étudiants à construire un sentiment de sécurité interne, facilitant son développement personnel et son autonomie.

Ainsi, la formation initiale favorise la mise en route d’un processus qui ne peut aboutir en trois ans et qui sera réactualisé à de nombreuses reprises par le vécu professionnel. L’accompagnement pédagogique est pensé pour offrir un socle sur lequel l’étudiant pourra s’appuyer afin d’offrir un cadre thérapeutique sécurisant à ses patients. Cela lui permettra, à son tour, de se montrer contenant, conscient de ses propres limites, et de mettre au cœur de sa pratique psychomotrice la sensorialité.

15H15 : Pause-café et expériences sensorielles

15H30 : « Quelles pratiques en psychomotricité à l’EPSM de l’Agglomération Lilloise ? »

Alexandra Dutertre et Charlène Lecoq, psychomotriciennes à l’EPSM-AL

Présentation et intervention autour d’une vidéo réalisée par les psychomotricien.nes de l’EPSM-AL, en collaboration avec le service communication et culture, offrant un regard dynamique sur notre profession et mettant en lumière la richesse des médiations utilisées auprès des patients sur l'ensemble des dispositifs de soins de la pédopsychiatrie à la psychiatrie générale en passant par le secteur médico-social.

16H15 : Temps d’échange suite aux interventions de l’après-midi

16H45 : Clôture de la journée